Entre 100 et 150 personnes représentant les harkis ont manifesté aujourd'hui, à Paris, pour réclamer le respect des promesses de François Hollande sur la reconnaissance de l'abandon par la France, à la fin de la Guerre d'Algérie, de ces supplétifs de l'armée française, a constaté un journaliste de l'AFP.

Vieux harkis couverts de médailles, hommes plus jeunes, femmes accompagnées d'enfants s'étaient réunis devant le Palais de Justice, sur l'île de la Cité, à l'appel d'une quarantaine d'organisations. Après avoir crié des slogans comme "Abandon, trahison, les harkis sont dans la rue" ou "La reconnaissance, c'est maintenant", ils se sont mis en marche vers le secrétariat d'Etat aux Anciens combattants, dans le VIIe arrondissement.

Selon l'un de leurs représentants, un délégué des manifestants devait être reçu par un membre du cabinet du président Hollande, auquel ils devaient remettre une lettre. Ils étaient moins de 150 selon les organisateurs et la police. Certains étaient venus du sud de la France - avec, par exemple, une grande banderole d'Aix-en-Provence et du Pays d'Aix -, d'autres d'Ile-de-France.

Les manifestants veulent que le chef de l'Etat "honore ses engagements" et "reconnaisse la responsabilité de l'Etat dans le mauvais accueil dans les camps, et le massacre de plus de 100.000 harkis", abandonnés au moment du retrait français d'Algérie.

Selon les organisations de cette communauté, il y a quelque 700.000 harkis et descendants de harkis. Parmi leurs revendications: faire du 12 mai une Journée de l'abandon. C'est à cette date qu'en 1962, un échange de télégrammes entre les ministres Pierre Messmer et Louis Joxe avait scellé le refus de l'accueil des harkis en France après les Accords d'Evian, signés en mars de la même année et mettant fin à la guerre.

Selon les historiens, 55.000 à 75.000 supplétifs de l'armée française ont été abandonnés et furent les victimes de sanglantes représailles. Pour le Comité national de liaison des harkis, le nombre de sacrifiés dépasse les 100.000. Quelque 60.000 harkis avaient été admis en France et logés dans des camps de fortune.

Source : Le Figaro