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Rien d’inconstitutionnel dans cette loi. Promulgation expresse, déclarations satisfaites, publication des premiers bans homosexuels, annonces tonitruantes, « vœux de bonheur ». Et l’on entend déjà les caciques de la prétendue opposition se plier à l’injonction du Président. Oubliés, les argumentaires enflammés, les passages en force, la suffisance de l’une, l’arrogance de l’autre. C’est désormais une loi de la République, il faudra s’y plier. Il est temps de passer à autre chose, « revenez à la raison, chers amis, la pièce de théâtre doit se poursuivre ».

La classe politique imagine pouvoir nous détourner de ce combat de civilisation. Les menaces à peine voilées du pouvoir à l’égard de ceux qui auraient l’outrecuidance de défendre plus avant la famille naturelle annoncent la violence de la répression qui vient. On apprend que le ministre de la Défense a diligenté des enquêtes au sein des forces armées pour identifier les opposants. On entend Manuel Valls annoncer son intention « d’interdire le Printemps français », et le vieux Pierre Bergé appeler à une thérapie pour les élus qui oseraient écouter leur propre conscience. Et bien entendu les « médias aux ordres »de parler d’un « baroud d’honneur », prédire un essoufflement du mouvement, annoncer d’ores et déjà les chiffres de participation en baisse à la « dernière Manif pour tous ».

J’invite avec amitié ceux qui prônent le compromis à passer leur chemin. J’invite ces lâches petit-bourgeois à retourner d’où ils viennent. À rentrer dans leurs sages et grises administrations ou l’on se repaît d’information prémâchée et d’orgueilleuse bien-pensance. Dégagez, on s’occupe de tout ! Laissez les honnêtes Français remettre leur pays sur les rails. Vous vous êtes suffisamment enrichis, vous avez suffisamment sapé ce qui restait de nos valeurs, de nos traditions et de nos terroirs. C’est autant contre cette loi stupide que je me suis élevé parmi tant d’autres que contre le système que vous représentez. La prééminence de l’individu a conduit à la destruction de toutes les anciennes solidarités. Vos délires libéraux ont ruiné des familles entières. Votre soumission au mondialisme tue notre culture millénaire.

Mon histoire, ma culture, ma foi m’obligent. Ne comptez pas me faire revenir sur ma position ou me convaincre d’un « nécessaire compromis ». Je le dois à mes enfants qu’il faut préserver de votre néfaste influence. Je le dois à cette admirable jeunesse qui a fait preuve d’un courage physique et moral inouï au cours des derniers mois. Fougueuse et festive dans les manifestations, calme et déterminée face à la violence de vos laquais. Je le dois à mes parents qui voient d’un œil mi-inquiet mi-amer leurs rejetons se lancer dans un combat qu’ils auraient dû mener il y trente ou quarante ans.

J’ai plus d’enfants que la moyenne, j’ai des frères et sœurs ; ils ont eux aussi des enfants. Vous êtes hier, nous sommes demain.

B. Voltaire