Lundi 25 juin se déroulait à Paris une conférence à l’initiative de Boulevard Voltaire sur le thème « Après les Manifs pour tous, quelles suites donner à la mobilisation ? ».

 Le public était présent, et face à l’affluence des réservations, les organisateurs ont d’ailleurs dû changer le lieu de réception, le précédent se trouvant être trop petit pour accueillir les curieux.

Etaient reçus à ce débat, animé par Robert Ménard, Béatrice Bourges, porte parole du Printemps français, Renaud Camus, écrivain, président du Parti de l’In-nocence, et Gabrielle Cluzel, éditorialiste sur Boulevard Voltaire. Ceux-ci ont débattu dans un premier temps face au public, avant que celui-ci ne soit invité à prendre la parole et à poser ses questions.

Voici un résumé non-exhaustif des échanges qui ont duré près de 2h15 :

Robert Ménard interroge sur l’importance de cette loi, que va-t-elle changer, pourquoi lui donner une telle importance ?

Pour Renaud Camus, on parle de prénom et non de nom, or le nom est ce qui relie à la civilisation, donc au peuple. Mais pour lui, il y a plus grand danger que celui de l’adoption des couples homos, c’est le grand remplacement qui est autrement plus grave.

Gabrielle Cluzel exprime alors son désaccord, cela participe aussi à la destruction de la civilisation et ajoute qu’à ce sujet Marine Le Pen s’est trompée en disant que ce n’était pas d’une importance première. Elle s’interroge, est-ce une stratégie politique, une peur d’être amalgamée avec la récupéraiton politique de l’UMP ?

Pour Béatrice Bourges, c’est anthropologique, si on veut préserver notre civilisation il faut prendre en compte TOUS les sujets. Elle ajoute que couper les enfants de leur généalogie, c’est les couper de leur civilisation.

Robert Ménard rebondit alors, que faire maintenant ?

Cluzel cite Jean-Paul II, « n’ayez pas peur ! », et estime que tout le monde doit se rassembler, LMPT, le Printemps Français, tous ceux qui sont contre cette loi doivent s’unir loin des clivages.

Pour Renaud Camus, la suite à donner est politique, il faut s’engager politiquement.

Béatrice Bourges estime que de ce mouvement des « anti » une refondation des grands partis devrait avoir lieu autour des valeurs de civilisation ; elle juge que ce mouvement des « anti » a provoqué 2 blocs dans les deux gros partis (UMP, FN) : il y a ceux d’un côté pour qui l’homme est tout puissant, l’homme qui a envie donc qui doit avoir (les « pro »), et les autres, les « anti », attachés aux valeurs.

D’ailleurs elle rappelle que l’ovation qui a accompagnée la prise de parole de Marion Maréchal-Le Pen dimanche 23 juin lors du rassemblement de soutien à Nicolas le montre, il n’y avait pas que des sympathisants FN, loin de là. Quant à ceux, toujours les mêmes, qui crieront au fascisme, Béatrice Bourges leur répond par antiparastase « Alors être fasciste est un honneur ! »

Lorsque le public est invité à prendre la parole, la première question qui est posée est celle de la résistance face à un pouvoir jugé illégitime : faut-il résister ou se cacher ?

Robert Ménard interroge alors Béatrice Bourges : faut-il entrer dans l’illégalité ? N’y a-t-il pas un risque qu’il y ait d’autres Nicolas ?

Pour Béatrice Bourges, prendre des risques oui il le faut, pour retrouver cette civilisation qu’on souhaite tous, la désobéissance civile oui également. Elle rappelle que la légalité n’est pas synonyme de légitimité. Mais elle appelle à une résistance non-violente. Et pour revenir à la question de Ménard lui demandant quelle était la grande différence entre elle et Barjot, elle met en avant le côté légaliste de Barjot, pour qui une fois le projet Taubira voté, il faut se soumettre à la loi.

Renaud Camus appelle à ne pas sombrer dans les fantasmes ni dans le romantisme et ironise sur les Maires qui ne veulent pas marier les couples homos : ils n’ont qu’à démissionner !

Ménard demande alors si on peut parler de dictature socialiste.

Au départ Renaud Camus trouvait le terme exagéré, puis sa pensée sur la question a été amenée à évoluer en voyant le traitement qui était réservé aux manifestants alors que dans le même temps, les « espèces sensibles » du Trocadéro jouissaient d’une relative impunité… Il souligne aussi l’amusement de la Russie de voir la France moralisatrice user de la répression et des violences policières…ce qu’elle reproche habituellement aux Russes !

Béatrice Bourges considère, elle, que la dictature est en germe. Elle nous fait partager une anecdote : un groupe de quelques jeunes faisait du vélo sur les Champs Elysées. Sur le vélo d’un de ces jeunes, flottait un petit drapeau tricolore. Ils ont été arrêtés par la police qui leur a fait enlever le drapeau en les menaçant d’arrestation pour manifestation non autorisée !

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