« Dimanche, je manifestais pacifiquement contre la dénaturation du mariage avec Thomas, 18 ans, dont Nouvelles de France a publié le témoignage mardi, et Pierre-Joseph, 23 ans. Comme vos lecteurs le savent, des policiers en civil sans le moindre brassard ont tenté, sans succès, de prendre de force à Thomas son appareil photo lui servant à faire des clichés des forces de l’ordre, comme la loi française nous y autorise pourtant. Puis, nous avons été interpellés.

Pour ma part, j’ai été mis en garde à vue 24 heures, plus 12 heures de dépôt. Le motif ? Outrage et rébellion à agent. Il m’est reproché d’avoir crié « Bande d’enfoirés, il a l’épaule pétée », « facho » et « nazi » en voyant un policier appuyer volontairement sur l’épaule de Pierre-Joseph pour qu’il avoue s’il travaillait pour Copwatch, alors qu’il les avait prévenu juste avant qu’il avait l’épaule déboîtée.

Le policier Christophe Pietraszewski affirme que je l’aurais traité de « fils de pute », ce qui est complètement faux. Il m’est aussi reproché d’avoir donné des coups de pieds aux policiers et de m’être débattu, ce qui est tout aussi faux. Près de la galerie commerciale, derrière un pilier, un agent s’est amusé à m’écraser volontairement l’orteil (il n’a pas marché dessus par mégarde, il est resté debout dessus, la blessure a d’ailleurs été constatée par deux médecins à l’hôpital où j’ai dû me rendre plusieurs fois durant la garde à vue à cause d’une maladie d’enfance). Il s’est aussi agenouillé ma tête et a appuyé pour me bloquer la mâchoire et m’empêcher de crier. Le policier Christophe Pietraszewski m’a également donné un coup de poing dans la figure pour me faire taire. J’ai aussi eu le droit à plusieurs balayettes.

En route vers le Nord de Paris, j’ai été séparé de mes amis pour finalement être placé en garde à vue au commissariat du XVe, rue de Vaugirard. Sur la route, nous sommes passés par Barbès où les policiers m’ont provoqué : « Toi, t’es une pute, si tu habitais à Barbès, tu te ferais violer ! » Je me suis refait traité de « pute » un peu plus tard dans la voiture. Je n’ai même pas répondu. Avant de tenter de sympathiser au commissariat pour me faire parler et tenter de savoir si j’avais un lien avec CopWatch – je suis resté muet, expliquant que je ne m’exprimerais que devant un juge accompagné d’un avocat, les policiers ont été humiliants et méprisants. Ils m’ont aussi volé un lecteur mp3/mp4 YP-RO de marque Samsung.

Thomas, Pierre Joseph et moi-même nous apprêtons à déposer une plainte pour violences volontaires, actes de torture et coups et blessures, ainsi qu’à saisir l’IGS, la police de la police. »

Les photos sur www.ndf.fr